jeudi 5 janvier 2012

Partager encore...


Le temps de quelques verres supplémentaires, il s’agirait de faire basculer le présent dans l’infini… être ensemble… partager ce qu’il est encore possible.
Nous sommes en 2012 et le monde est en plein délirium tremens… être ensemble… se dissoudre séparément.
Fuir et oublier, et surtout oublier que l’on fuit.
Sortir du monde… ce monde est foutu de toute façon !

L’alcool se répand dans les corps, tissant entre eux des liens imperceptibles… Pendant quelques heures, chaque soir, ils oublient un peu le monde ; son rythme quotidien, le travail, les factures… la routine insipide de l’horreur tranquille. Ils oublient ces putains de pays auxquels ils appartiennent par erreur.

Quelque chose de communautaire, quelque chose de fraternel…
Encore une bière, encore un joint. Après j’y vais ; après j’oublie !
Mais une chanson du Velvet s’empare de la sono… fusion auditive ; l’ivresse augmente.
Ecouter ensemble… ressentir séparément.
Ils partagent ce qui peut encore l’être.

Finalement, cruellement, le barman annonce l’ultime tournée… vite un dernier verre, une ultime chanson ; Bob Dylan, Like a rolling stone… et les voilà jetés dans la moiteur silencieuse comme l’effluve bleutée des spectres nocturnes.
… prendre une bière à l’emporter, prolonger encore la discussion, faire basculer le présent dans l’infini…
Vite la nuit se consume, demain il n’en restera rien. Demain,  elle sera comme un cul de joint dans un cendrier.




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