vendredi 26 août 2016

NOX ORAE 2016 - ...écouter ensemble, se dissoudre séparément...-




…écouter ensemble, se dissoudre séparément…
Nous devenions flottants, immenses, désarticulés, 
Nous étions étonnés, éprouvés, vacillants, 
ivres, exaltés, inachevés, 
vaporeux, désordonnés et chaotiques… 
nous étions immémoriaux. 
…Nous étions les capitaines Achab défoncés du XXIème siècle…
poursuivant une utopie désenchantée, un cétacé inaccessible, un pays enfouis dans l’origine océaniques du monde… 
Nous lisions Beckett, il nous parlait d’une version numérisée de Moby Dick accédant ainsi à l’immortalité 
… nous n’étions pas certains de comprendre…
La musique avait agi, on l'avait partagée, ressentie, elle s'était insinuée dans nos systèmes auditifs… 
Les pores de nos peaux s’étaient dilatés pour capter les résidus de bruit blanc, les larsens stridents, les boucles de guitare superposées, les lignes de basse dévastatrices, les traces flottantes des sons, les possibilités diverses de leur enchevêtrement… 
Du jaillissement sonore électrifié émanant de la scène à la transformation du son en électricité par le cerveau… 

Que se passe-t-il ? 
Comment le son traverse-t-il l’espace, 
Comment le son travers-t-il le corps ? 
À quelle vitesse exacte ? 
Comment devient-il un mot ? 
Et le mot….un son ?
Comment et pourquoi peut-on disserter à propos de la musique ? 
On entend avant de voir, on ferme les yeux pour mieux écouter… 
…la musique est l’origine chimique du monde… 

….écouter ensemble…
… se dissoudre séparément…

…les traces électrifiées des rêves, comme les traces ondulatoire des cendres…

…Nous étions inachevés, immémoriaux, tempétueux et exaltés…
…Nous devenions kaléidoscopiques…
…Nous étions les capitaines Achab défoncés du XXIème siècle…
Nous lisions Beckett, il nous parlait d’une version numérisée de Moby Dick accédant ainsi à l’immortalité 

… nous n’étions pas certains de comprendre…

…Nous expérimentions les ramifications inextinguibles d’une jeunesse sonique


Dejan Gacond, La Chaux-de-Fonds, 26.08.2016

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