mercredi 15 février 2012

Les mots; le corps... ce vide qui les séparent...

“Some of you was naked, but most of you were light”
Leonard Cohen – Waiting for the miracle

 (photo; Kit Brown, 2009)
  
Entre le corps et les mots flotte le néant… entre l’être et sa représentation s’immisce la réalité… entre le charnel et la grammaire, l’interstice se palpe… Et pourtant, dans le cas de cette photographie, c’est l’ombre des mots qui se reflètent sur le corps en y laissant des traces imperceptibles. Une fois confronté à la chair, les mots disparaissent, deviennent muets… Sur cette photo, comme la plupart du temps sur les œuvres de Kit Brown, le corps n’a pas de visage pour s’exprimer… On ne voit que les signes qui peuvent le représenter. Ainsi ; un corps photographié ou décrit par des mots par exemple ne peut s’exprimer par lui-même, mais qu’à travers la forme que ces doubles appareils à figer que sont le langage et la photographie, lui ont donné. Mimétisme du langage écrit et du réel photographié, dans le procédé de cristallisation, bien qu’effectué à une vitesse différente… 
L’image a ses propriétés personnelles que le langage ne saurait atteindre… la vitesse du temps photographique par exemple et l’extrême lenteur de constitution du langage. La surprise technique du développement du négatif, la captation chimique… la part de mystère de l’appareil photo… les mots sont figés dans leur façon d’être, alors que la photographie fige ce qui est !

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire